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11/06/2013

Debrief de la 2e étape

Après une escale agréable à Porto avec un aperçu de la vielle ville et du magnifique pont Gustave Eiffel, départ vers l'Espagne.

Contrôle de jauge

IMG_2921.JPGLe matin même, par tirage au sort, contrôle de jauge! Il faut dire que la Classe Figaro est très stricte sur la jauge et c'est une bonne chose afin que chacun puisse partir à armes égales. Ainsi, outre l'arbre d'hélice, beaucoup d'éléments sont plombés afin de ne pas pouvoir être déplacés (dans le langage des coureurs "matossés" voir plus loin) y compris par exemple les extincteurs ou la bouteille de gaz. Chaque figariste a le droit d'embarquer en plus des voiles 100 kgs de matériel, nourriture, eau limitée à 15 litres etc.   Pour la sécurité un bidon de 20 litres d'eau est disponible et plombé. Le contrôle s'effectue une fois le Figaro déclaré en configuration course 2 à 3 heures avant l'appareillage. Plus rien n'a le droit d'être débarqué ou embarqué. Donc le rituel de la pesée est de tout sortir du bateau. Quand je dis tout, c'est vraiment tout à  la paire de lunettes ou la boite d'allumettes près.  Les équipages skippers et préparateurs sont très solidaires pour faire face à cette corvée. Aussi, je bénéficie de l'aide de mes voisins de ponton immédiat, en particulier de Loupi, coureur atypique, générant la sympathie autour de lui.  Tout est scrupuleusement mis sur un pèse personne sur le ponton et la responsable de la jauge commence ses additions sous le regard perplexe de Maje, ma femme. Il faut dire que Maje a veillé avec le plus grand soin à mon confort (nombreuses tenues de rechange) et à mon alimentation (j'ai de quoi tenir jusqu'à Dieppe!).  Maje est importante à mes côtés, en particulier pour l'aspect logistique où tout est pris en main avec efficacité et générosité.    L'ensemble est mis dans des boites type "Tupperware" ou des sacs plastique étanches.   A ma (très agréable) surprise, un petit mot est écrit au marker sur chaque contenant. Ces mots plein d'humour et d'amour sont les bienvenus une fois au large dans la bataille contre l'adversité et la concurrence...Revenons donc à notre jauge où l'on s'approche lentement mais sûrement de la limite. Je commence par maudire l'excès de zèle de Maje qui jette des regards de plus en plus inquiets en direction de la responsable de  jauge.  Mes filles Maureen et Marie-Sygne commentent, calculent et poussent enfin un cri de joie à l’annonce des 95,8 kgs!  Heureusement qu'après des discussions enflammées, quelques bouteilles d'eau et vêtements avaient été débarqués au préalable. 

Départ moyen

Je réussis mon premier départ au bon endroit de la ligne avec de l'air frais devant 2/3 de la flotte. Malheureusement, trop de bateaux avaient franchi la ligne prématurément d’où un rappel général. Je réussis moyennement le deuxième départ en virant la bouée au vent en milieu de peloton ce qui est tout de même très satisfaisant pour moi. Comme chaque fois qu’un départ intègre un parcours côtier avant de prendre le large, à chaque manœuvre je perds des places, en particulier sous spi. Je n'ai pas la dextérité des jeunes bien entrainés, je n'y peux rien. J'essaye juste d'assurer l'essentiel, de ne pas casser de matériel et d'éviter les abordages. D'où une 39 ème place au comptage officiel de la bouée Radio France. 

Montée vers le Cap Finisterre et choix de l'option au large

Etape 2.jpg La montée vers le cap Finisterre commence par un très long bord de "reaching" c'est- à-dire vent de travers, à la limite du spi et du génois. Je décide de garder mon spi le plus longtemps possible en restant sur la route directe par rapport à ceux qui sous génois ont tendance à loffer c'est-à-dire à se rapprocher du vent.  Je gratte quelques places tout maintenant le contact avec la tête de course encore à 30 minutes. Les écarts augmentent progressivement mais restent  limités à 5, 6 miles nautiques. Une fois au Cap Finisterre la tête de course est prise dans un trou de vent et avec le groupe de queue, nous nous rapprochons à 2,5 miles des leaders. Le vent passant au Sud Ouest, nous sommes à nouveau sous spi quasiment vent arrière. Sur un bateau comme un Figaro 2, il est indispensable de garder un angle minimum de 165 degrés par vent soutenu. Par petite brise l'angle doit se réduire à 140 degrés voir moins. Je craignais beaucoup, fort de la première étape et comme c'est souvent le cas sur la côte espagnole, de me rapprocher d’une zone sans vent. J'ai donc décidé d'arrondir le cap à une distance de 10 miles et d'aller jusqu'à 20 miles ensuite pour bénéficier de meilleures prises. 5 à 6 bateaux ont suivi la même option.   Et c'est passé à terre avec des différences considérables. Là j'ai cumulé 15 miles de retard et j’ai dû finir au près (contre le vent) pendant de longues heures avant d'approcher de l'arrivée. C'est dommage car j'étais resté "offensif" en limitant les moments de sommeil (supérieurs néanmoins à ce qui serait nécessaire) et en réglant au mieux le bateau.

 

Vrac et hale-bas cassé

A signaler avant le Cap Ortegal, un renforcement du vent allant jusqu'à 28 nds.  Le Figaro 2, avec ses 2 safrans et sa carène stable est pourtant facile à barrer dans ces conditions. Est-ce un manque ponctuel d'attention ? Le bateau part au lof (ce que nous appelons dans le jargon des navigateurs "partir au tapis" ou encore  "faire un vrac"). Impressionnant au milieu de la nuit embrumée.   C'est devenu un réflexe, je largue le hâle-bas de GV, largue un peu de bras afin que le spi vienne sous la GV.  Après quelques minutes d'effort (qui paraissent longues) je rétablis la situation. J'ai le sentiment d'avoir repris le hâle-bas de GV mais peut être pas suffisamment. En effet, ayant abattu un peu trop, le spi commence un cocotier sur lui-même et autour de la balancine de tangon. Pourtant mon foc belge était à poste mais je me suis aperçu que son écoute s'était larguée. Donc à nouveau galère pour réduire ce cocotier maudit. La meilleure façon de défaire les tours est d'immédiatement empanner la GV.C'est dans cet empannage que le piton en pied de mât retenant le hâle-bas en cascade fixé sur la bôme casse, provoquant un bel empannage chinois, c'est à dire, le haut de la voile inversé par rapport au bas au niveau du deuxième étage de barre de flèche. Le vent se maintient à 25 nds et je ne veux pas aller à la plage avant affaler spi et foc belge ensemble.  Je décide de régler le problème du hâle-bas en premier. Un ressort empêchant la bôme de descendre s'était en plus déboîté. Avec quelques efforts, je réussis à remboîter le tout et je fais une fixation du palan sur un autre pontet en faisant un brelage avec un cordage fin que je garde toujours en réserve. Pour le cocotier, je prends mon mal en patience et décide d'attendre que le vent mollisse après le Cap Ortegal. Ma vitesse est passée de 11-12 nds à 9 nds. Néanmoins, je tente de temps à autre quelques "abatées" l'une d'elles se révèle efficace et miracle, les tours se défont, je récupère mon spi. Pendant toutes ces manœuvres, je porte en permanence mon gilet à gonflage automatique qui contient 2 balises émettrices et je m'attache sur la ligne de vie pour me déplacer sur le pont du bateau. Le classement de 05:00 au matin suivant la deuxième nuit n'est pas très glorieux: 39ème à 30 miles des premiers! Toutefois, je ne suis pas tout seul et c'est important. Avec 2 autres bateaux ayant choisi la même option nous nous retrouvons dans un trou de vent, rattrapant le dernier bateau nous précédant et rattrapés par le seul nous suivant.

 

Lutte au couteau en fin de peloton

etape 2.1.jpgPar honnêteté, je dois dire qu'une des places gagnées est liée à l'abandon de Louis_Maurcie Tannyères dit Loupi qui s'est démis l'épaule dans une chute. Il a dû être débarqué vers l'hôpital le plus proche et son bateau a été pris en charge par un membre de la direction de course. Nous voici donc sous spi à 5  bateaux avec une faible brise et nous nous prenons au jeu de la régate dans la régate. La météo des organisateurs nous annonçait un vent de Nord et en fait nous avions de l'Ouest. J'ai l'intuition d'aller à la côte car l'observation du plan d'eau me laisse à penser que le vent y est plus fort. Le vent tourne à l'Est et nous nous retrouvons au près pile face au vent pour rejoindre le cap de l'arrivée. Sur le contre bord tribord amure, j'arrive à passer devant tous mes adversaires du moment, en particulier Joan Ahrweiller, jeune compétiteur ayant gagné la sélection Basse Normandie.Etant très satisfait d'avoir enfin doublé ces bateaux, je décide de m'accrocher malgré un besoin de sommeil constaté à la propension de mes yeux à se fermer. Double café et un marquage intensif de près de 7 heures commence. Je constate que ma vitesse est bonne, il s'agit donc de ne pas laisser un décalage qui donnerait l'opportunité à mon adversaire de bénéficier d'une saute de vent en direction.Je fais donc en sorte de toujours me trouver entre le but et le concurrent en fonction de l'axe du vent. Cela s'appelle un contrôle très serré qui doit énerver Joan. Après quelques tentatives vaines d'échappement  celui-ci décide de se lancer dans un duel de virements de bord, bien déterminé à me faire craquer. Il faut dire, qu'un virement de bord représente toute une procédure et une trentaine aura été nécessaire. Outre la manœuvre du  virement de bord elle même, il faut transférer au bon moment les 250 litres de ballast par la vanne de transfert et surtout "matosser". Matériel sécurité obligatoire, vêtements de rechange, portes, voir nourriture, tout est enfermé dans des sacs qui sont portés d'un bord à l'autre afin de contribuer au rappel. Il faut donc à chaque virement bouger au moins 50 kgs d'un bord à l'autre. Je me laisse prendre à l'exercice pour me donner toutes les chances de résister. C'est payant car Joan n'arrive pas à me passer en dépit de ses multiples tentatives. Nous créons un écart avec nos autres adversaires.

La ligne d'arrivée finit par être franchie vers 22:00.

Je suis content de cette fin de course  qui compense la mauvaise option du large.

Mes objectifs se réalisent: je suis à l'arrivée à Gijon en 36 ème position, en amélioration par rapport à la 37 ème de Porto !


 

Commentaires

Bravo Gilles, j'étais en panne d'internet et je viens de lire ton blog. Pas de chance pour l'option au large et le cocotier, mais quelle belle fin de course. Tu ne t'es pas découragé, tu t'es battu jusqu'au bout, c'est génial. Récupère bien et bon vent pour la 3ème étape. Je t'embrasse, Jef

Écrit par : JF Gélamur | 12/06/2013

Bravo Gilles,

Tu portes les espoirs de tous les jeunes retraités du monde. Enfin de France, de Bretagne et même de Brigneau. Tu leur bailles belle à tous ces "rontonjus" (voir Spirou), de jeunes.

Et sans rire, belle course, et bel écart, surtout après un coaching sur caravelle.

araok atao !

Écrit par : Dominique Gontier | 12/06/2013

Yallah !!!!!!

Écrit par : Pébié | 12/06/2013

Bravo Gilles ! Philippe, Yves et moi avons parlé
de toi avant-hier. Tu as du sentir
que ton bateau avançait tout à coup plus vite . . .

Écrit par : Bruno Capet | 14/06/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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